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L'affaire du pseudo
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Tanguy
Administrateur


Joined: 18 Jan 2011
Posts: 9,303
Localisation: Paris-La Défense

PostPosted: Thu 24 Nov - 19:04 (2011)    Post subject: L'affaire du pseudo Reply with quote

Si c'est pas malheureux de mettre des trucs aussi hideux sur un site si beau et pour parler d'un si merveilleux chat.

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PostPosted: Thu 24 Nov - 19:04 (2011)    Post subject: Publicité

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abc



Joined: 18 Jan 2011
Posts: 4,767
Localisation: chalon sur saone

PostPosted: Thu 24 Nov - 19:17 (2011)    Post subject: L'affaire du pseudo Reply with quote

Tanguy wrote:
Si c'est pas malheureux de mettre des trucs aussi hideux sur un site si beau et pour parler d'un si merveilleux chat.



si vous n'etes pas content, vous pouvez toujours mettre votre carne au rebut et vous commander un chat correct au pere noel.

je vous l'ai deja dit maintes et maintes fois.
c'est qu'en plus, il bouffe comme une vache, ce goret la !

 oui, je sais, pas les souris, il en a peur !
mon dieu, mais quel guignol !
mon cher zaza, lui, mangeait peu et sain et n'avait peur de rien. idem  pour ma toto.
qui veut leur photo? je  les lui expedie sous 24 heures en bal.
_________________
la fière burgonde


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Tanguy
Administrateur


Joined: 18 Jan 2011
Posts: 9,303
Localisation: Paris-La Défense

PostPosted: Fri 25 Nov - 10:12 (2011)    Post subject: L'affaire du pseudo Reply with quote

Hééééé, z'aller un peu vous calmer, voui ??

La jalousie vous égare et ça commence à se voir.

Quant à la photo de votre hideuse acariâtre, merci bien, gardez-là ! Ou, au pire, faites un don au Musée des Horreurs du Havre.


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abc



Joined: 18 Jan 2011
Posts: 4,767
Localisation: chalon sur saone

PostPosted: Fri 25 Nov - 11:42 (2011)    Post subject: L'affaire du pseudo Reply with quote

Tanguy wrote:
Hééééé, z'aller un peu vous calmer, voui ??
La jalousie vous égare et ça commence à se voir.

Quant à la photo de votre hideuse acariâtre, merci bien, gardez-là ! Ou, au pire, faites un don au Musée des Horreurs du Havre.




qu'est ce qu'il dit, pepere's dad DJ  ? si quelqu'un est jaloux du chat de l'autre, c'est pas moi !


_________________
la fière burgonde


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hms titanic
Modérateur


Joined: 27 Jan 2011
Posts: 6,889
Localisation: Atlantique Nord

PostPosted: Mon 28 Nov - 03:39 (2011)    Post subject: L'affaire du pseudo Reply with quote

Tanguy wrote:
A ce propos, je trouve HMS bien discret sur la nature de son travail.

D'ici à ce qu'il fasse les réorchestrations nécessaires à la prochaine parution des œuvres complètes de Luis Mariano...
AHAHAHAH! Le pire, c'est qu'il y a un peu de ça. Ou, plus précisément, comme le disait Robert Dalban : "Y en a".

Bon, il y a également Puccini, Berlioz, Mozart, Rossini, Sibelius et bien d'autres.... Et puis des concerts.

Ah, pendant un concert, j'ai pensé à toi avec une joie sans pareil! On accompagnait un (excellent) ténor italien dans un programme Verdi, Puccini.... et en bis......nous avons joué O sole mio ! Ah, bon sang, si j'avais été plus malin, je t'aurais donné l'info et une invitation. Mon Dieu, on a rarement joué avec un tel sourire! Public en délire... reprenant le refrain à tue-tête! J'adore l'Italie et les Italiens!

Et puis, après, il y avait un buffet italien..... avec, entre autres choses délicieuses et bizarres, des petits piments de la taille d'une tomate cerise, fourrés avec un genre d'excellente Mozarella, le tout baignant généreusement dans de l'huile d'olive. Je ne sais pas si quelqu'un connait ça, mais, bon sang de bonsoir, c'est fabuleux! Je n'arrête pas d'y penser depuis.

C'est bien simple, je serais capable de dénoncer Jacques le Nain Jaune au NKVD pour une assiette de ces machins extraordinaires!

A mon avis, Margaux (bonjour Margaux) doit savoir de quoi il s'agit.
_________________
(TÔÔôôôôôôttttt)


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Margaux



Joined: 19 Feb 2011
Posts: 1,149
Localisation: Lamorlaye

PostPosted: Mon 28 Nov - 11:14 (2011)    Post subject: L'affaire du pseudo Reply with quote

hms titanic wrote:
Tanguy wrote:
A ce propos, je trouve HMS bien discret sur la nature de son travail.
D'ici à ce qu'il fasse les réorchestrations nécessaires à la prochaine parution des œuvres complètes de Luis Mariano...


AHAHAHAH! Le pire, c'est qu'il y a un peu de ça. Ou, plus précisément, comme le disait Robert Dalban : "Y en a".
Bon, il y a également Puccini, Berlioz, Mozart, Rossini, Sibelius et bien d'autres.... Et puis des concerts.

Ah, pendant un concert, j'ai pensé à toi avec une joie sans pareil! On accompagnait un (excellent) ténor italien dans un programme Verdi, Puccini.... et en bis......nous avons joué O sole mio ! Ah, bon sang, si j'avais été plus malin, je t'aurais donné l'info et une invitation. Mon Dieu, on a rarement joué avec un tel sourire! Public en délire... reprenant le refrain à tue-tête! J'adore l'Italie et les Italiens!

Et puis, après, il y avait un buffet italien..... avec, entre autres choses délicieuses et bizarres, des petits piments de la taille d'une tomate cerise, fourrés avec un genre d'excellente Mozarella, le tout baignant généreusement dans de l'huile d'olive. Je ne sais pas si quelqu'un connait ça, mais, bon sang de bonsoir, c'est fabuleux! Je n'arrête pas d'y penser depuis.

C'est bien simple, je serais capable de dénoncer Jacques le Nain Jaune au NKVD pour une assiette de ces machins extraordinaires!

A mon avis, Margaux (bonjour Margaux) doit savoir de quoi il s'agit.

Sourire...mais non je ne connais pas ( mais subitement à la lecture de ce post...l'idée me vient sur la papille...)
Moi aussi j'adore les Italiens ( de l'aéroport...) ravie de vous revoir en ces contrées sauvages...


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MSN
Tanguy
Administrateur


Joined: 18 Jan 2011
Posts: 9,303
Localisation: Paris-La Défense

PostPosted: Mon 28 Nov - 12:41 (2011)    Post subject: L'affaire du pseudo Reply with quote

Ah le revoilà, le Normand facétieux ! Et pour me dire qu'il a pensé à moi en écoutant O Sole Mio !

Et après, il s'étonnera que je laisse poindre, parfois, un certain agacement...

Le gars-là, il a une mauvaise nature. Il semble avoir été étudié pour persécuter les Tanguy.

Si.

Evil or Very Mad  


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Tanguy
Administrateur


Joined: 18 Jan 2011
Posts: 9,303
Localisation: Paris-La Défense

PostPosted: Mon 28 Nov - 12:42 (2011)    Post subject: L'affaire du pseudo Reply with quote

En ce qui concerne l'Italie et les Italiens, je leur reconnais deux choses: Ils savent faire la cuisine et les voitures.

Pour le reste...


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Le Nain Jaune



Joined: 31 Jan 2011
Posts: 3,158
Localisation: outlanda

PostPosted: Tue 29 Nov - 04:41 (2011)    Post subject: L'affaire du pseudo Reply with quote

Jacques le Nain Jaune desespère un peu de voir reprendre le feuilleton.

Peut être est la raison pour laquelle on a pu voir un homme qui lui ressemblait étrangement samedi 26 septembre dans l'après-midi dans les rues de la lointaine Georgetown, capitale du Guyana.

A moins qu'il n'y ait été sur les traces certaines du Maître....
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En toute chose, on ne sort de l'ambiguïté qu'à ses dépens.


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Le Nain Jaune



Joined: 31 Jan 2011
Posts: 3,158
Localisation: outlanda

PostPosted: Thu 1 Dec - 02:09 (2011)    Post subject: L'affaire du pseudo Reply with quote

Le feuilleton! Le feuilleton! Le feuilleton!
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Le Nain Jaune



Joined: 31 Jan 2011
Posts: 3,158
Localisation: outlanda

PostPosted: Fri 2 Dec - 02:23 (2011)    Post subject: L'affaire du pseudo Reply with quote

Si le feuilleton ne reprend pas rapidement, nous serons dans l'obligation de faire un aparté pour occuper l'espace auquel ont droit les abonnés en racontant l'histoire de Jacques le Nain Jaune à Georgetown, capitale du Guyana dont les montagnes donnèrent à Conan Doyle l'idée de l'écriture du " Monde Perdu".

Trois jours de délai.
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Tanguy
Administrateur


Joined: 18 Jan 2011
Posts: 9,303
Localisation: Paris-La Défense

PostPosted: Fri 2 Dec - 12:50 (2011)    Post subject: L'affaire du pseudo Reply with quote

Peut-être que Jacques Le Nain Jaune désirerait un forum dédié à une partie de sa vie aventureuse du côté de Georgetown ?

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hms titanic
Modérateur


Joined: 27 Jan 2011
Posts: 6,889
Localisation: Atlantique Nord

PostPosted: Thu 8 Dec - 04:05 (2011)    Post subject: L'affaire du pseudo Reply with quote

L’AFFAIRE DU PSEUDO      
      
DEUXIÈME ÉPOQUE      
 
PROLOGUE

     

      
    
 
  Villequiers, le 27 juin 1914, huit heures du soir.
 
     
      La Panhard fit crisser le gravier de l’allée bordée de hêtres qui menait, au prix d’une sévère ascension, à une maison de ce style anglais que l’on appelle maintenant le style balnéaire. C sortit de l’auto et monta les quelques marches du perron avant de disparaître sans aucun mystère de cette scène d’extérieur puisqu’il venait, tout simplement de pénétrer à l’intérieur du cottage. Oui, les auteurs font ce qu’ils peuvent avec les moyens financiers que leur attribue chichement la direction décidément bien écossaise du journal.

C prit un lourd trousseau de clefs et, muni d’une lampe à pétrole, descendit un escalier sombre dont les pierres suintaient. Il semblait rejoindre les entrailles du monde en ouvrant, l’une après l’autre des portes toujours plus grinçantes et vétustes qui menaient à des pièces de plus en plus petites et de plus en plus humides. Ici ou là fuyait une souris qui n’avait jamais connu la lumière du soleil ou la caresse des pâquerettes (1).

Puis, avec une appréhension certaine, il entra dans la dernière salle, plus vaste et mieux aérée car elle donnait sur le garage en contre-bas de la maison, garage dont il avait perdu la clef, détail qui explique pourquoi il avait dû entreprendre un tel périple. Aussitôt, vaguement inquiet, il se dirigea vers un mur au pied duquel il orienta la lumière de sa lampe. Il cherchait quelque chose quand, soudain, son bras se figea :

-       Ah, merci Seigneur ! Elle est enfin tombée !

A ses pieds, minuscule, gisait sur un côté une tête de faisan.

-       Formidable, tout est à point !

    C décrocha d'un piton le corps du faisan dont l’odeur puissante et sensuelle excitait tout son être. Oui, la bête était à point, la plumer serait un long plaisir devenu facile, juste les heureux prolégomènes (2) d’une nouvelle et délicieuse aventure. Il fallait juste penser à choisir un Corton de belle année avant de remonter à la surface du monde.
    C’est vers neuf heures qu’il sortit de son porte documents l’ouvrage qu’il était allé chercher au ministère et, bien que fidèle conducteur d’une Panhard Levassor, il l’ouvrit à la page quatre cent trois :

Parve, nec invideo, sine me, liber, ibis in aulam….

     
    Il ôta son veston et s’habilla du long tablier blanc. Il tira de la glacière deux bécasses qui l’attendaient et les désossa méticuleusement. Il hacha les chairs avec de la moelle de bœuf cuite à la vapeur et ajouta les truffes en même temps que les herbes et l’assaisonnement. Il en farcit le faisan et obtura l’oiseau avec un crouton de pain. Alors, il pila les foies avec un anchois et d’autres truffes, répandit de la muscade et du poivre, malaxa le tout avec du beurre et étendit cette préparation sur une immense tranche de pain grillé sur le milieu de laquelle il déposa l’oiseau. En cuisant, mille sucs iraient bientôt gorger cette rôtie d’un esprit sanctifié par sa propre beauté.
    Vers neuf heures et demie, il sortit le plat du four brûlant et l’entoura d’oranges amères. Alors, il apporta le plat sur la table et se servit une gorgée presque brune de ce Corton qui lui venait de son père et entreprit de déguster une première bouchée du volatile odorifère (3).
Une vague d’émotion le submergea et les larmes lui montèrent aux yeux lorsqu’il posa le regard sur le livre qui lui avait tant offert et ne lui avait pas menti.

-       Merci, Jean-Anthelme, dit-il à mi voix, songeant à ce que le monde devait à Brillat-Savarin et à sa Physiologie du goût.
 
   Oui, le plat attendu était bien digne des tables les plus augustes. C était heureux. Il avait quitté le ministère quelques heures plus tôt et assuré au président Poincaré que jamais l’Europe n’avait été plus paisible.

-       Oui, Monsieur le président, je vous l’affirme, nous allons connaître encore au moins une décennie de paix !
-       Encore? C'est pas comme ça qu'on récupérera l'Alsace et la Lorraine! Mais, mon cher Ladoux, en êtes-vous vraiment persuadé ? Et les Balkans ?
-       Les Balkans ? Ah Ah Ah! Laissez-moi rire ! Le Deuxième Bureau protège nos intérêts qui sont ceux de la stabilité de cette région endormie.
-       Mais, on me dit que…
-       N’écoutez pas, Monsieur le président ! D’ailleurs, l’archiduc d’Autriche sera demain à Sarajevo afin de…
-       Oui, justement, on me dit que les activistes serbes ont la main noire, s’agitent et que..
-       Pardon de vous couper encore une fois, Monsieur le président mais vous qui me coupez également devez savoir que nous avons envoyé là-bas un de nos agents parmi les plus efficaces qui assurera la protection de l'héritier d'Autriche.
-       Son nom ?
-       François-Ferdinand!
-       Non, l'autre, le nom de votre agent.
-       Je ne peux vous le livrer. Sachez simplement qu’il nous est mis à disposition par la Sublime Porte et qu’il connaît parfaitement cette région dont il a conservé l’accent pittoresque.
-       Son nom de code, alors. J’insiste !
-       Kimse, Monsieur le président. Le chargé d’affaire turc m’a assuré de ses hautes compétences.
-       Le colonel Al-Didi ?
-       Oui. Il a beaucoup insisté pour que nous prenions cet agent à notre service. Vous voyez que nous pouvons avoir confiance.
-       Mais votre Kimse, est-il bien investi de sa mission ?
-       Je vous l’assure ! Il m’a encore dit au téléphone, avec son accent impayable, Evet, evet, Monzieur Ladoux, l’Arjidük n’a rien à redüter, moi en faire une question de prinzip !
-       Le Gadlu vous entende, mon cher Ladoux !
-       Oh, il n’est pas sourd, Monsieur le Président !
-       Alors priez que Killick le soit! Il parait qu'il agite l'Irlande et chacun sait combien la paix pèse aux terroristes.
-       Pardon Monsieur le président mais puis-je vous demander ce qu'il arrive aux terroristes lorsqu'on agite l'Irlande?
-       La paix pèse.
-       Je crains de ne pas vous suivre, Monsieur le président.
-       Tant mieux Ladoux, tant mieux. Allez, vous avez bien mérité quelques vacances.
 
C, heureux de la forte impression qu'il avait faite au président se remémorait chaque détail de cet entretien tout en se délectant du faisan qui allait si bien au teint du vieux Corton. Oui, il en était sûr, remis entre les mains habiles de ce Kimse, le destin de l’Europe promettait d’être heureux. L’agent ottoman n'était-il pas recommandé par Oussama Olrik Al-Didi en personne et ne faisait il pas de la réussite de sa mission une question de prinzip ?



NOTES :

(1), (2), (3) : L'auteur considère que la richesse et la légèreté de son vocabulaire, autant que le charme délicieux des images qu'il propose, justifient amplement l'augmentation de ses émoluments.
_________________
(TÔÔôôôôôôttttt)


Last edited by hms titanic on Fri 9 Dec - 06:55 (2011); edited 1 time in total
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hms titanic
Modérateur


Joined: 27 Jan 2011
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PostPosted: Fri 9 Dec - 06:51 (2011)    Post subject: L'affaire du pseudo Reply with quote


     
CHAT-PITRE I     
     
      
     
Fatalitas !     
     
 
     
     
Où Kimse fait l'Histoire à lui tout seul et à coups de pistolet
     
     C’est en 1900 que Killick avait rencontré Connolly, à l’occasion de la IIe Internationale Ouvrière qui se tenait à Paris, aux Gobelins. Ensemble, ils avaient évoqués leurs souvenirs d’anciens Communards, chanté Le temps des cerises et maudit le sinistre capitaine Barbier qui avait commandé les pelotons d’exécution au Père Lachaise. Sans doute est-ce également à cette occasion que les deux écossais avaient ruminé ensemble un plan de longue haleine visant à la destruction de l’Empire Britannique, un plan que C avait toujours réussi à mettre en échec ou à en limiter les effets dévastateurs. Le plan était simple : Entrainer l’Angleterre dans un conflit qui permettrait aux indépendantistes écossais, irlandais et gallois de se soulever enfin et d’imposer à la Couronne anglaise de se séparer des nations qu’elle opprimait avec tant de férocité.
Quatorze ans plus tard, les deux activistes se rencontraient dans un petit hôtel de la banlieue de Sarajevo, le хотел у Црна рука.

-       Comment comptes-tu t’y prendre, camarade Killick ?
-       Regarde !

   Killick alla chercher sa cornemuse dans l’une de ses malles et, l’œil malicieux, défit la couture qui maintenait l’outre fermée. La bombe y était cachée, grosse comme un ballon de football, noire et luisante.

-  C’est comme le Haggis mais la panse de brebis y est plus lourdement farcie !
Connolly éclata de rire et emplit de nouveau les verres avec le whisky local qu’on servait au хотел у Црна рука.
-       C’est pour demain, dit Killick avec gravité après un moment de silence. Je lancerai la bombe lorsque le cortège atteindra l’Hôtel de Ville.
-       La mèche doit être de la longueur idéale sinon…
-       Je sais mais la mèche est chère et nos camarades écossais n’ont financé que le strict néchechère.
-       Camarade, les destinées de la classe ouvrière et de l’indépendance des peuples celtes sont entre tes mains.

   Killick prit donc la bombe entre ses mains et médita quelques instants sur les paroles de son ami en considérant que le destin pouvait adopter parfois une parfaite forme sphérique. 
 
***     
Sarajevo, le 28 juin.
    

  Kimse s’était toujours plu à Sarajevo. La Bosnie y avait un joyeux petit air ottoman et provincial malgré la tutelle autrichienne car les roumis avaient, contre toute attente, considéré avec bienveillance les particularismes séculaires de cette province que Soliman et ses descendants avaient autrefois civilisée. La foule se pressait le long de l’avenue qui menait à l’Hôtel de ville et Kimse surveillait chaque visage tout en serrant fébrilement le pistolet qu’il maintenait au fond de sa poche. Le colonel Al-Didi, son maître, comptait sur lui et lui avait témoigné toute sa confiance.

-       Viens Kimse, viens, approche, n’aie pas peur.
-       Ah, mon maître, pardon ! Pardon !
-       Mais pourquoi donc m’avoir trahi ?
-       C’est que, mon maître, vous sembliez m’avoir vendu aux infidèles !
-       Le crus-tu ?
-       Oui, je le confesse !
-       Mais comment pus-tu ?
-       Vous m’aviez fouetté !
-       Mais tu en redemandais !
-       Et puis Tatabc m’a torturé sauvagement !
-       Ah, ça, elle est méchante, je ne peux pas dire le contraire…
-       Et j’avais juré de me venger. Ah, quel ingrat fais-je !
-       Quand je pense que je t’ai élevé comme mon propre fils !
-       Oui ! Pardon ! Pardon !
-       Tu es pardonné, mon pauvre Kimse.
-       Je peux avoir un loukoum ?
 
  Mais l’heure n’était pas à l’émotion qu’éveillent les souvenirs. Al-Didi, pour preuve de sa confiance lui avait confié une mission de la plus haute importance.

-       Kimse, je vais t’envoyer à Paris. Tu te mettras en relation avec le capitaine Ladoux, le chef du Deuxième Bureau.
-       Le capitaine Ladoux ? Le prestigieux chef du contre-espionnage français ?
-       Mpffffff…
-       Pourquoi riez vous, Ô mon maître ?
-       Pour rien, pour rien. Ne fais pas attention et concentre toi bien sur mes paroles : Tu lui remettras cette lettre et ta mission te sera alors révélée.
-       Bien mon maître !
-       Je compte sur toi, Kimse. Tu devras lui obéir et lui donner entière satisfaction !
 
  Une semaine plus tard, Kimse était à Paris et rencontrait Ladoux dans l’une des salles de l’Escargot Montorgueil.

-       Ici, Monsieur Kimse, Killick ne nous trouvera jamais et nous pouvons parler librement. Vous ne touchez pas à vos escargots ? Vous n'aimez pas l'ail?

Kimse était au bord de l’évanouissement à chaque fois qu’il contemplait le répugnant spectacle de son assiette.

-       Tenez, goûtez-moi ce Beaujolais !
-       Moi être musulman, Kapitän. Moi pas boire d’alkôôl !
-       Quelle drôle d’idée !

  Après lui avoir détaillé les mille façons d’accommoder les escargots, Ladoux lui avait enfin rapidement parlé de sa mission : Protéger, au péril de sa propre vie, celle de l’archiduc d’Autriche qui serait bientôt en visite à Sarajevo.

-       Bah, ce n’est pas que nous ayons grand-chose à redouter de ce côté là mais, cher Monsieur Kimse, vous savez ce qu’est le principe de précaution.
-       Un bon prinzip, Kapitän ! Serbes très vilains ! Eux vouloir manger Bosnie !
-       Comme vous y allez ! Chacun sait que le Serbe est un moustachu paisible qui ne mange que du hérisson ! Vous verrez, votre mission sera de tout repos. Vous pouvez me croire!
-       Mais si Serbes tuer archiduc, mari de Sissi vouloir punir Serbes et Russie attaquer et France aussi alors Allemagne s’y mettre et…
-       Des ris de veau !
-        ????
-       Je crois que je vais commander des ris de veau !
 
  Kimse, que tous les flash-backs de l'auteur épuisaient, tentait de se concentrer sur sa mission lorsqu’une terrible déflagration retentit au loin.

-       Mais, quelle est donc cette terrible déflagration qui retentit au loin ? Pensa-t-il en turc car c'était sa langue maternelle.

   Il se précipita vers l’Hôtel de Ville où la foule s’agitait. Une bombe avait explosé sur le trajet du couple impérial et avait causé de nombreux blessés. Il y avait aussi des morts, des membres arrachés et beaucoups de gens avaient leurs habits tâchés par le sang de leurs voisins. Kimse se rendit compte que les voitures du cortège n’étaient pas encore arrivées. La bombe avait explosé trop tôt ; L’Archiduc devait la vie à la pingrerie écossaise !
    Et puis, il eu un nouveau mouvement. C’était l’auto de l’archiduc qui arrivait enfin et s’arrêtait au beau milieu de la foule : François-Ferdinand, n'écoutant que sa bonne nature, venait s’inquiéter des blessés. Quelle imprudence ! Le temps semblait s’accélérer. Kimse, qui se frayait un chemin avec difficulté,  jouait des coudes pour repousser la marée humaine qui devenait de plus en plus compacte. Et, soudain, à une dizaine de mètres, il vit un homme en kilt qui, tenant un couteau, se précipitait vers la voiture.

-       Bon sang ! Killick ! C’était donc lui ! L’infâme gredin ! Il va finir l’archiduc au couteau !

    Kimse prit son pistolet. Il n’était plus qu’à deux enjambées du couple impérial mais, déjà,  Killick grimpait sur le coffre de la voiture en brandissant son imposant surin. Il fallait agir et n’écoutant que son instinct, Kimse visa et vida son chargeur en direction de l’écossais.

Les minutes qui suivirent furent confuses et Kimse ne comprit pas pourquoi la foule maintenant vengeresse se précipitait vers lui en hurlant des grossièretés en croate.
 
 
 
 
 
 
 
_________________
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