Chroniques du Chat Noir - Black Cat Index du Forum

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L'affaire du pseudo
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Tanguy
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MessagePosté le: Sam 27 Aoû - 19:01 (2011)    Sujet du message: L'affaire du pseudo Répondre en citant

Où on notera, sans faire de commentaires particuliers, que les Burgondes, de leur propre aveu, mangent des bouses de vaches...

Pendant ce temps, le Normand passe sa mauvaise humeur et sa méchanceté naturelle sur des fouines aussi innocentes que Bretonnes.

Misère.


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MessagePosté le: Sam 27 Aoû - 19:01 (2011)    Sujet du message: Publicité

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abc



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MessagePosté le: Sam 27 Aoû - 19:42 (2011)    Sujet du message: L'affaire du pseudo Répondre en citant

Tanguy a écrit:
Où on notera, sans faire de commentaires particuliers, que les Burgondes, de leur propre aveu, mangent des bouses de vaches...
Pendant ce temps, le Normand passe sa mauvaise humeur et sa méchanceté naturelle sur des fouines aussi innocentes que Bretonnes.

Misère.




je tiens a preciser a l'agent de maitrise que cette rubrique est consacree a l'affaire du pseudo.

ses gesticulations et bredouillis lamentables ne l'empecheront pas a la fin de l'histoire de claboter d'une 40 aine de coups de marteau sur le crane dont monsieur titanic, notre bon narrateur, voudra bien me faire tenir le manche, en echange de ma tartine.
il va sans dire que son imbecile de chat finira a l'assistance publique. et que je serai drolement contente

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hms titanic
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MessagePosté le: Dim 28 Aoû - 01:45 (2011)    Sujet du message: L'affaire du pseudo Répondre en citant

Tanguy a écrit:

Où on notera, sans faire de commentaires particuliers, que les Burgondes, de leur propre aveu, mangent des bouses de vaches...

Pendant ce temps, le Normand passe sa mauvaise humeur et sa méchanceté naturelle sur des fouines aussi innocentes que Bretonnes.

Misère.


Finalement, Ô Burgonde, le Nutelleux n'est pas digne de nos spécialités régionales.

Y* peut pas comprendre.



* Y = Eul' Breton = L'Homme-Chat = Le Yeti d'Pin-Pon = La Brute de Quimper = Killick = Tanguy (NDLR)
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Le Nain Jaune



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MessagePosté le: Lun 29 Aoû - 01:36 (2011)    Sujet du message: L'affaire du pseudo Répondre en citant

Allez!Allez!Au feuilleton!
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hms titanic
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MessagePosté le: Lun 29 Aoû - 15:59 (2011)    Sujet du message: L'affaire du pseudo Répondre en citant

Oui, oui(c)....



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hms titanic
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MessagePosté le: Lun 29 Aoû - 16:06 (2011)    Sujet du message: L'affaire du pseudo Répondre en citant

Chat-pitre VI

Le samovar des Romanov





Où deux puissances s'unissent pour influer sur la marche du monde

      







-       Mais où sommes-nous ? Demanda Killick.

« Vous saulez tout en temps voulu, honolable lyauladezommes », lui répondit 日本語  黄色小びと qui ouvrait une porte discrète et basse  donnant en face de l’Eglise d’Alésia.

- Nous plendlons pal l'entlée de selvice. Suivez-moi sans bluit.

C’était une vaste pièce faiblement éclairée par la lueur des réverbères de la rue.


-       Venez, venez, dit le nippon à voix basse en craquant une allumette.

La lumière tremblante de la bougie semblait donner vie aux personnages dont les portraits tapissaient le mur de l’escalier que les deux hommes gravissaient.

-       Nous y sommes plesque.

C’était un couloir étroit et l’épais tapis absorbait chaque bruit et chaque souffle. 日本語  黄色小びと ouvrit une porte d'acajou.

-       Aplès vous, chel Lyauladezhommes.

Au fond de la pièce, on devinait une cheminée sur laquelle était posé un objet de grande taille qui reflétait la flamme de la bougie. Killick, intrigué, s’approcha alors que 日本語  黄色小びと souriait malicieusement.

-       Bon sang ! Serait-ce ….
-       Oui, c’est bien lui, vous ne lêvez pas.
-       Et….êtes-vous certain de son authenticité ?
-       Absolument.

Killick caressait l’objet avec un infini respect. Ses yeux brillaient autant que le cuivre poli qui projetait des étoiles dorées sur les murs du salon privé. « Bon sang de bon sang de crénom d’bonsoir », jura l’écossais, «  Le samovar des Romanov » !

-       Tout juste, chel capitaine Lyauladezhommes.

Killick ne pouvait détacher les yeux du samovar dont il s'était approché au point que sa respiration embuait le cuivre de la pièce antique.

-       Il avait disparu depuis le XVIIIe siècle. La légende soutient que Pierre Le Grand l’avait égaré lors de son fameux voyage en Europe…
-       A Velsailles, oui. Ici, en Flance et..
-       Pardonnez-moi de vous interrompre, cher 日本語  黄色小びと, mais ne pourriez-vous pas faire quelques efforts de prononciation afin de soulager autant le narrateur que le lecteur de ce feuilleton ?
-       Mais certainement, répondit le japonais en souriant.
-       Ah, c’est beaucoup mieux, merci !
-       Mais il suffisait de demander. Où en étais-je ?
-       A Versailles.
-       Ah, oui. Donc, attendant d’être reçu en audience par Louis XIV, Pierre aurait déposé le samovar qu’il ne quittait jamais au pied de l’un des fameux candélabres en argent de la Galerie des Glaces. En repartant, il ne l’aurait pas retrouvé. Quelqu’un fut soupçonné.
-       Oui, un ancien mousquetaire passé au service des Ottomans.
-       Exactement. On a retrouvé la trace du samovar à Istambul puis, de nouveau, il disparaît pour réapparaitre en Valachie, mis à l’abri par le Sultan qui craignait qu’on ne le lui vole. Mais, au début des années soixante, l’une des concubines du Sultan Abdulmécit – en fait, il s’agissait de H-21 que nous connaissons tous deux – a prévenu le gouvernement du tsar…
-       Qui aussitôt envoya des troupes en Valachie pour le récupérer… On connaît la suite.
-       Oui, le samovar fut expédié à Sébastopol et lorsque la chose fut connue des chancelleries, la France et l’Angleterre entrèrent en guerre aux côtés du sultan, chacun espérant faire main basse sur le samovar des Romanov. Les puissances prirent Sébastopol mais ne purent le trouver. Les Russes l’avaient expédié en Sibérie sous la garde d’un régiment de cosaques. Plus tard, ils crurent avoir trouvé une cachette idéale dans l’une de leurs colonies chinoises….
-       Laissez-moi deviner… Sur la péninsule de Liaoding !
-       Dong !
-       Je vous demande pardon ?
-       Dong, cher capitaine, la péninsule de Liaodong, vous y étiez presque.
-       Bon sang, à Port Arthur !
-       Voilà. Et aujourd’hui, grâce à la victoire du général Nogui, le samovar est à nous, dit le japonais avec une certaine emphase. « Hihihihi », ajouta t-il d’ailleurs à cette occasion, pour mieux qualifier la puissance de l’empire qu'il servait avec tant de zèle.
-       Mais, 日本語  黄色小びと, qu’ai-je à voir dans toute cette affaire ?
-       Je vais vous expliquer, capitaine. Si vous et moi savons toute la valeur de ce samovar, j'ignore ce qui la constitue.
-       Que voulez-vous dire ?
-       Ben, c’est très simple : A quoi sert cette fichue théière qui a coûté dernièrement au monde deux guerres abominables qui ont dévasté la Crimée autant que la Mandchourie et la Corée ?

Killick souriait. Le nippon possédait un trésor dont il ignorait tout.

-       Cher 日本語  黄色小びと, je peux en effet vous donner l’information que vous attendez de moi mais, ….
-       Combien capitaine ? Combien ?
-       Il ne s’agit pas d’argent ! Ce que je veux, c’est m’associer à vous dans les bénéfices que nous pourrons tirer de ce samovar.
-       Quels bénéfices ?
-       La connaissance ! Oui, car le samovar contient des documents extrêmement précieux.
-       Nom d’un chrysanthème !
-       Je ne vous le fais pas dire.
-       J’accepte ! Je vous propose de constituer un Comité dans lequel vous serez membre.
-       Mouais…
-       Membre à vie !
-       Bon, voilà qui est nettement mieux.
-       Alors ? Ces documents ? De quoi parlent-ils ?
-       Approchez votre bougie. Là, très bien. Vous voyez la partie supérieure ?
-       Oui, oui (c), je la vois.
-       Elle contient la première partie des documents alors que la seconde est contenue dans..
-       Dans la partie inférieure, oui. Et comment ça s’ouvre ? Interrogeait le japonais auquel l’impatience et l'esprit pratique propre à son peuple faisaient oublier la syntaxe.
-       Ce n’est pas aussi simple. La légende dit que le samovar dispose d’un, heu…
-       D’un dispositif ?
-       Heu, oui, d’un dispositif qui viendrait à détruire les documents si le samovar n’est pas correctement ouvert.
-       Et comment l’ouvre t-on ?
-       Je n’en ai pas la moindre idée. Une seule personne le sait.
-       Qui ? Mais qui donc, bon sang ? Allez-vous en venir au fait ?
-       Oui, oui, restez zen, cher 日本語  黄色小びと. La personne qui détient le secret est le descendant de celui qui l’a fabriqué. Tout simplement.
-       Et qui donc l’a fabriqué, ce samovar ?
-       Un turc. Un derviche.
-       Mais pourquoi avoir demandé à un derviche de fabriquer un tel objet.
-       C’est qu’il était aussi tourneur.
-       Ah. Mais comment retrouver le descendant de ce derviche ?
-       Rien de plus simple, répondit Killick en se tournant vers le japonais. Vous l’avez aperçu il y a quelques heures.
-       Pardon ?
-       Oui. Les coïncidences, tout de même ! Le descendant du derviche n’est autre que Oussama-Olrik Al-Didi !
-       Ah, ça ne va pas être facile, songea 日本語  黄色小びと dont le front se plissait, loin de toute contrepèterie déplacée.
-       En effet car, connaissant cet ennemi implacable, je devine qu’il voudra tout comme moi disposer d’une part du pouvoir offert par le samovar !
-       Nous verrons.... Mais quelle est la nature de ces documents ?
-       Vous ne le savez vraiment pas ?
-       Mais non ! Je vous l’assure !

Assez théâtralement, Killick se retourna vers le japonais. Son visage, éclairé par la bougie, prenait une allure extraordinaire.

-       Je vais vous le dire.
-       Oui, oui(c)
-       Dans sa partie supérieure, le samovar contient l’original de la Charte d’Outness !
-       Ah !, s’exclama 日本語  黄色小びと en japonais car s’était sa langue maternelle.
 
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Dernière édition par hms titanic le Lun 29 Aoû - 17:21 (2011); édité 4 fois
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MessagePosté le: Lun 29 Aoû - 16:12 (2011)    Sujet du message: L'affaire du pseudo Répondre en citant

hms titanic a écrit:
Oui, oui(c)....





'tention ! pas de mauvaise volonte sinon, il pourrait y avoir un lacher supplementaire de chaume sur le tas  toit  de fouines.


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hms titanic
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MessagePosté le: Mar 30 Aoû - 01:33 (2011)    Sujet du message: L'affaire du pseudo Répondre en citant

Je n'ai aucune volonté, Ô Burgonde. Ni bonne, ni mauvaise. Je fais des rêves de paresse et d'ennui salvateur, j'implore d'interminables journées où les secondes s'égréneraient au rythme d'une marche légionnaire. Alors, le temps me porterait et je fluctuatrais sans jamais mergéturer.

It would be the foot, comme on bien tort de ne pas dire les Anglais.
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MessagePosté le: Mar 30 Aoû - 01:34 (2011)    Sujet du message: L'affaire du pseudo Répondre en citant

Il n'empêche

que j'ai livré le sixième chapitre alors même que, prenant des accents bretons, vous me menaciez.

Pffffff.
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Le Nain Jaune



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MessagePosté le: Mer 31 Aoû - 00:03 (2011)    Sujet du message: L'affaire du pseudo Répondre en citant

Bon! Et le septième?

Parce que là, franchement, ça devient vraiment, vraiment bon.
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hms titanic
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MessagePosté le: Mer 31 Aoû - 00:16 (2011)    Sujet du message: L'affaire du pseudo Répondre en citant

Si vous saviez... J'en suis à Sibelius. Jean Sibelius avec qui j'ai le privilège extraordinaire de passer la nuit, en tout bien tout honneur, cela va de soi.
Je lui trafiquote les cors afin que sa si belle musique puisse être jouée bientôt dans un lieu de rêve.

Mais je n'oublie pas la tâche - la mission - que le destin m'a confiée. Bientôt Le Blop sera libéré et l'on saura ce qui est caché dans la partie inférieure du samovar des Romanov. Kimze trahira son maître et descendra de l'Orient Express avant Istambul, et c'est en Serbie qu'il rejoindra la Main Noire, car ce sera pour lui une question de principe. Nous verrons quelles seront les conséquences terribles de son attitude irréfléchie...

- Achémesse! Achémesse!
- Oui, Jean.
- Alors? Tu viens? Tu n'en es qu'à la mesure 61!
- Oui, oui, j'arrive.

Pardonnez-moi, mais Sibelius m'appelle.




(Parfois, j'aimerais que la réalité laisse un peu de place à mes imbécilités.....)
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Le Nain Jaune



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MessagePosté le: Ven 2 Sep - 01:04 (2011)    Sujet du message: L'affaire du pseudo Répondre en citant

La suite! La suite!
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hms titanic
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MessagePosté le: Ven 2 Sep - 01:11 (2011)    Sujet du message: L'affaire du pseudo Répondre en citant

Ah! Ce soir, je suis avec Elgar....

De plus, je sens venir un problème majeur : Ne me souvenant plus de ce que j'ai déjà écrit, je crains de perdre le fil de l'histoire.
Hum.
Pour preuve : Ayant oublié le sort peu enviable du malheureux Kimse, j'étais prêt à le faire voyager dans le train de Constantinople alors qu'il est actuellement saucissonné dans un U-boot, à la merci du lamentable Kommandant Marko.

Ah, la Vérité est bien âpre à servir!
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hms titanic
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MessagePosté le: Ven 2 Sep - 03:35 (2011)    Sujet du message: L'affaire du pseudo Répondre en citant

Chat-pitre VII     
  
La nuit cruciale


   

     
      
Où rien n’advient alors que mille choses se produisent simultanément     
   
C’était tout un équipage qui s’engageait sur le quai de la Gare de l’Est en cette nuit terrible. Al-Didi, enveloppé dans un grand manteau et une toque d’astrakan crânement posée sur le côté de la tête, aidait H-21 et Miss Chew à monter dans le train et réglait les derniers détails du voyage avec l’employé de la Compagnie des Wagons-lits.
-       Voici vos billets, Monsieur, ainsi que celui des deux dames. L’ambassade a fait le nécessaire. L’Orient-Express partira à minuit.
« Merci, merci », répondit distraitement l’élégant colonel dont la silhouette se perdait dans les brumes de vapeur que rejetait la puissante locomotive. Ajustant son monocle et lissant sa fine moustache, il songeait à Tatabc qui filait au moment même vers Le Havre au volant de son cabriolet, une de ces Panhard-Levassor si rapides :  « Pourra t-elle rattraper le U-Boot ? Arrivera t-elle à temps » ?
Il monta dans le wagon, soucieux, et alla s’enfermer dans son compartiment après avoir convenu avec H-21 de se retrouver au restaurant dès le matin. Bientôt, ils seraient à Constantinople ; Il s’assit sur la banquette de velours rouge et alluma une cigarette égyptienne qu’il fuma avec volupté à cette pensée. Bientôt il serait riche, pensa t-il en employant cette fois le singulier. Et tant pis pour Tatabc.
 
Dans le U-Boot, malgré la profondeur et en plus des relents d’huile on commençait à sentir* les premiers remous causés par la marée. On avait passé Caudebec et puis Villequier. « Elle aimait Dieu, les fleurs, les astres, les prés verts, Et c'était un esprit avant d'être une femme », ne songea pas le Kommandant Marko qui n’avait guère lu les Contemplations. Sur la couchette où il était solidement attaché, Kimse hurlait depuis qu’il s’était réveillé.
-       Mais bâillonnez-le, par Odin ! A quelle profondeur sommes-nous ?
-       Heu, presque à un mètre vingt, Herr Kommandant, répondit le matelot qui tenait la barre.
-       Périscope !
-       Il dépasse déjà, Herr kommandant !
-       Ach !
Tout était noir mais, à l’horizon, une étendue plus sombre encore lui indiquait que le U-Boot allait enfin gagner la mer.
-       Plus que quelques minutes !
 
Filant à plus de cent à l’heure, Tatabc approchait de Tancarville. Les ailes de son bolide frôlaient les talus.
-       Plus que trente kilomètres ! Je serai sur la digue dans une demi-heure, pensa t-elle car elle savait compter.
 
C’est vers deux heures du matin que l’amiral Koltchak crut apercevoir un remous d’écume à bâbord. Il tendit ses jumelles à Ratchovski.
-       Je crois que nos amis arrivent. 
-       Parfois, je songe au vif intérêt que je trouverais à voyager dans un sous-marin…
-       Et pourquoi donc ? demanda l’amiral qui enfouissait les mains dans ses poches 
-       Ah ! Vivre ainsi dans un endroit confiné au milieu de toute la diversité d’un équipage ! Quelle expérience ce doit être !
 
Koltchak haussa les épaules et donna sèchement les ordres pour la manœuvre. Il ne savait que très peu de choses de cette mission pour laquelle Ratchovski avait réquisitionné le cuirassé. Il était de mauvaise humeur et, de plus, n’avait aucune confiance dans la bande de moujiks qui constituait, de bric et de broc, l’équipage du Potemkine.  Mais il avait un sous-marin allemand à couler et c’est tout ce qui finalement lui importait.
-       Bâbord toute ! Ils vont bientôt faire surface et on va les couper en deux !
 
Il s’approcha du cornet de cuivre et d’ivoire à l'aide duquel la passerelle communiquait avec les machines.
 
-       Soyez prêts. A mon signal, en avant toute !
-       Heu, il va peut-être y avoir un problème amiral, répondit une voix.
-       Quoi donc, bon sang ? Ce n’est pas le moment !
-       Ben, c’est que les gars et moi, on aimerait bien avoir la ration de vodka qui nous avait été promise. En plus, il y a des vers dans le bortch et puis, hein, les couchettes sont pas très confortables et la cale peu aérée, et puis, c'est sans parler des....
-       Mais ! Obéissez ! Immédiatement! S’étrangla l’amiral.
-       J’avoue, amiral, que les gars et moi, on est un peu déçus de votre réaction intransigeante…
-       Taisez-vous ! Je vous ferai tous fusiller ! Chiens ! Vermine !
-       Ah, dans ces conditions, amiral, je crains qu’il ne soit pas possible de vous donner satisfaction, répondit la voix imperturbable.
-       En avant toute ! En avant toute ! hurlait Kotchak, tenant le cornet à deux mains.
-       ……
-       Allo ?
-       … Heu, oui, pardonnez-moi amiral, je consultais les gars.
-       Bon, alors, ça vient ?
-       Mmmmmm… Il semble que non, amiral. Les gars viennent de décider qu’on stopperait les machines tant que nos justes revendications ne seraient pas satisfaites.
 
C’est au moment précis où l’amiral Koltchak déversa un torrent d’injures accompagné de coups de révolver dans le cornet acoustique que le Kommandant Marko aperçu le Potemkine, droit devant lui, énorme, immense, prenant toute la place dans la lunette du périscope.
 
-       Alarm ! Alarm ! Se mit-il à hurler.
Aussitôt, ce fut l’effervescence dans le sous-marin. Tout le monde courait pour rejoindre son poste.
-       La barre à moitié. C’est un russe. Il nous interdit le passage. Ach ! Il va nous couler ! Machines stop !
 
Et puis, ce fut le silence. Les deux monstres d’acier, l’un en surface et l’autre dont on ne voyait que le périscope, étaient immobiles et face à face.
 
Il y eut un crissement de pneus. Sur la digue nord, la Panhard venait de freiner et Tatabc prit une paire de jumelles. Il faisait noir, elle ne pouvait rien distinguer et se sentait condamnée à l’inaction, ce qui, finalement, tombait plutôt bien car, pas plus que le narrateur, elle ne savait pourquoi elle était là, en pleine nuit, à grelotter sur la digue nord du Havre après avoir traversé la Normandie à toute allure. Et si Al-Didi avait tout simplement voulu l’éloigner pour mieux circonvenir H-21 et Miss Chew ? Le doute s’emparait d’elle. Elle se demanda si elle avait encore assez d’essence pour rejoindre Constantinople.

-       Herr Kommandant, nous n’avons pas de torpille !
-       Mais enfin, donnerwetter, c’est un monde, tout de même !
-       Ben, comme nous ne sommes pas en guerre, on a pensé que…
-       Tant pis, j’ai une autre idée. Amenez-moi Killick !

Le pauvre Kimse, ficelé et bâillonné, fut porté par deux solides matelots jusqu’au Kommandant. Du visage ensanglanté, les yeux du prisonnier exprimaient une terreur folle.

-       Ahahaha, Killick, espèce de salopard, tu vas me payer le naufrage de ma belle Markomania ! Qu’on m’amène un casque !
-       A pointe ? Demanda un des matelots ?
-       Bien sûr !

Marko posa durement le casque sur la tête de Kimse et serra cruellement la jugulaire.

-       Ahah ! Tu ne risques pas de le perdre ! Mettez-moi ça dans le tube 1 !
-       Mmmmmmmm !!!!
-       Oui, naufrageur ! Cette fois, c'est un cuirassé russe que tu vas couler à toi tout seul!

Et Marko éclata d’un rire terrible et teuton pendant qu’on emmenait le malheureux vers l’avant du submersible.
 
H-21 contemplait son reflet dans le miroir du cabinet de toilette en songeant que toute la marquèterie qui l’entourait la mettait à son avantage. Elle se parfuma et passa une élégante robe de chambre en mousseline vaporeuse. Sans bruit, elle sortit du compartiment et s’engagea dans le couloir où un homme l’attendait en fumant la pipe et en regardant le paysage défiler par la fenêtre.

-       Que voyez-vous, Ladoux ?
-       Rien, il fait nuit. L’Alouette, il nous faut le traité. Etes-vous certaine qu’Al-Didi l’a sur lui ?
-       Evidemment, puisqu’il l’emmène à Constantinople et que c’est pour cette raison que nous sommes tous dans le même train !
-       Heu, oui, oui. Comment comptez-vous le lui subtiliser ?
-       Je ne sais pas encore. Vous savez, j’improvise cette histoire au fur et à mesure.
-       Je sais. Nous en sommes tous là. Mais il est impératif que nous puissions mettre la main sur le traité avant la frontière autrichienne. Après, il sera trop tard.
-       N'ayez crainte, Ladoux, je suis une professionnelle.
-       La France compte sur vous, L’Alouette !


 
L’amiral Koltchak avait prit Ratchovski par le col de son veston.

-       Tout ceci est de votre faute, crapule !
-       Mais je n’y suis pour rien, amiral, je vous assure !
-       Traitre ! Traitre ! C’est vous qui avez poussé l’équipage à la mutinerie !
-       Mais enfin, amiral, ce n’est pas une mutinerie ! Ce sont les justes revendications de soutiers qui connaissent de très rudes conditions de travail et…
-       Mais terminez votre phrase, bon sang !
-       C’est que.. N’avez vous rien entendu ?
-       Non.
-       Un genre de petit « ploc » à l’extérieur.
 
Quelques mètres plus bas, dans les eaux noires et froides de la Manche, un corps tentait de flotter et de regagner la rive en se tortillant comme un ver. Les yeux rivés sur les lumières du casino comme on s’accroche au moindre soupçon d’espérance, kimse luttait pour ne pas s’évanouir, fendant l’écume de la pointe maintenant tordue de son casque. Son cœur, empli de haine, battait à tout rompre. "J’y arriverai, j’y arriverai, et je me vengerai", hurlait-il en silence car son bâillon restait solidement attaché.






* Où, par cette audace littéraire, le narrateur veut rendre un vibrant hommage à Ponson Du Terrail plutôt qu'à Maurice Leblanc.
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Tanguy
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MessagePosté le: Ven 2 Sep - 10:43 (2011)    Sujet du message: L'affaire du pseudo Répondre en citant

Môssieur Titanic s'est remis à l'ouvrage ! C'est très bien. Parce que Sibélius, bon d'accord, mais il y a quand même des choses bien plus essentielles dans la vie. L'Affaire du Pseudo n'est d'ailleurs pas essentielle, elle est fondamentale.

J'ai dit.

Maintenant, Killick va aller lire les calomnies qui s'attachent à son nom...


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Le Nain Jaune



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MessagePosté le: Sam 3 Sep - 14:00 (2011)    Sujet du message: L'affaire du pseudo Répondre en citant

HMS ne doit pas oublier qu'aujourd'hui est le Sedan Tag.

Le Sedan Tag!
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hms titanic
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MessagePosté le: Sam 3 Sep - 14:35 (2011)    Sujet du message: L'affaire du pseudo Répondre en citant

Le Sedan Tag?

Je ne sais pas. Je n'en ai jamais entendu parler. Je n'ai pas la moindre idée de ce que ça peut être. Je ne connais ni Sedan ni Tag. Tout ceci m'est totalement étranger, et à un tel point que je commence à douter de l'existence même de ces deux mots.

Et Jacques le Nain Jaune ferait bien d'en faire autant !



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Le Nain Jaune



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MessagePosté le: Dim 4 Sep - 00:45 (2011)    Sujet du message: L'affaire du pseudo Répondre en citant

Oui.

Sedan est une invention de l'ennemi.
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hms titanic
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MessagePosté le: Dim 4 Sep - 06:02 (2011)    Sujet du message: L'affaire du pseudo Répondre en citant

Oui.

D'ailleurs, je regrette d'avoir commencé l'Affaire du pseudo au début du XXe siècle alors que, plus j'y pense, les épisodes historiques dans lesquels nous avons tous tenu un rôle éminent sous le Second Empire méritaient d'être relatés.

Car, en fait, tout a vraiment commencé à Sadowa.

Mais voilà, comme je l'ai déjà dit, j'ai eu peur de lasser.
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Le Nain Jaune



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MessagePosté le: Dim 4 Sep - 15:44 (2011)    Sujet du message: L'affaire du pseudo Répondre en citant

Nous en étions sur.

Avec Paul Von Hindenburg dans un petit rôle.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 17:46 (2018)    Sujet du message: L'affaire du pseudo

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